Presse

Depuis le 7 octobre au 76 Gabriel-Péri

11 grévistes de la faim : « On nous laisse dans la merde ! »

Régularisations, relogements : ils attendent toujours, dans un habitat menaçant ruine. Ils ont entamé une grève de la faim pour réclamer de l’État qu’il respecte ses engagements.

Ils iront jusqu’au bout parce qu’ils n’ont plus rien à perdre. Samassi Sekou est catégorique. Délégué des familles du 76, rue Gabriel-Péri, il est aussi depuis le 7 octobre le porte-parole des grévistes de la faim. Dans la pièce où des étais ont été récemment posés pour soutenir le plafond, ils sont onze, allongés côte à côte, avec pour décor une banderole appelant « l’État à respecter ses engagements » : « Régulariser maintenant, reloger ». « C’est une décision réfléchie et qu’on aurait dû prendre depuis longtemps, souligne Samassi. Depuis un an, on nous mène en bateau. »
Après bientôt dix ans dans ce pâté d’immeubles insalubres, des solutions semblaient en effet à portée de main pour les familles, au nombre d’une cinquantaine, en majorité originaires de Côte d’Ivoire. À force de mobilisation, elles avaient obtenu pour neuf d’entre elles un relogement ou un hébergement par la préfecture afin d’éloigner les enfants les plus atteints de saturnisme. Pour le reste, des travaux palliatifs ont bien été conduits sur l’installation électrique et sur la peinture au plomb. Mais les bâtisses, en partie murées, là où elles tombent le plus en ruines, n’ont cessé de se dégrader. À tel point que l’opération tiroir pour évacuer les occupants du bâtiment le plus dangereux s’avère impossible. Des planchers se sont affaissés y compris dans les appartements où ils devaient être relogés provisoirement. Les travaux de remise en état qui viennent d’y être effectués n’auront servi à rien.

« Depuis un an, on nous mène en bateau. »

Seule issue pour les familles, un relogement. Mais pour pouvoir y prétendre, encore faut-il disposer d’un titre de séjour. « Quand le préfet Nacer Meddah nous a reçu le 6 mars dernier, c’était pour lui la priorité. Il nous avait même promis qu’en cas de problèmes, on allait se revoir », raconte Samassi Sékou. Sur 55 demandes de régularisation, le sous-préfet « M. Dubaut a émis un avis favorable pour 36 dossiers. Et il s’engageait à ce qu’un récépissé avec autorisation de travail soit délivré au moment du dépôt des dossiers. » En fait d’avis favorables pour les régularisations espérées pour vie privée et familiale, « on nous propose un Cerfa ». Autrement dit, les titres de séjour ne seront accordés qu’avec la mention salariée sur présentation d’une promesse d’embauche. Une perspective pour eux improbable après des années de travail clandestin. « Sow a plus de vingt-six ans de présence en France. Pour les autres, c’est huit ou dix ans. Si on est arrivé là en 2000-2001, c’est parce qu’il y avait la guerre en Côte d’Ivoire. »

« Il n’y a même plus de réunion du comité de suivi »

Aujourd’hui, reprend Samassi Sekou, « il n’y a même plus de réunion du comité de suivi », qui a été constitué par la sous-préfecture, la Ville et Plaine commune. « On nous laisse dans la merde ! » Outre le Réseau solidarité et la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers qui ont accompagné leurs démarches, les grévistes de la faim et leurs familles ont reçu le soutien du curé de la basilique, Eugène Doussal, ainsi que de l’évêque Pascal Delannoy qui s’est engagé à intervenir auprès du préfet. Une pétition a récolté en quelques jours plus de 800 signatures (1). Le vendredi 16 octobre, un rassemblement se tiendra à 17h devant la sous-préfecture où seront reçus les représentants des familles. Enfin, un concert de soutien a été programmé le dimanche 18 octobre à 16h à la Ligne 13.

Marylène Lenfant

Saint-Denis : Grève de la faim pour le droit à l’existence

10 Octobre 2009 Par Alain Bertho

19/20 du 6 mars 2009

Le Journal de Saint-Denis

76, rue Gabriel-Péri : Solutions en vue pour le squat

28 janvier 2009

Le mardi 27 janvier, le sous-préfet Olivier Dubaut s’est rendu au 76, rue Gabriel-Péri, pour confirmer les engagements de l’État auprès des quarante familles africaines de ce squat insalubre. Pour une dizaine d’entre elles, sans titre de séjour, le sous-préfet serait disposé à demander un traitement bienveillant des demandes de régularisation. Il a aussi annoncé pour mai le début des travaux d’urgence, notamment sur la peinture au plomb, responsable de l’intoxication d’une dizaine d’enfants. L’État se substituera aux cinq copropriétaires qui ont été mis en demeure de réaliser ces travaux, comme les obligent les arrêtés de péril et d’insalubrité frappant les immeubles. Le samedi précédent, les familles avaient reçu la visite du maire. Et le mercredi 21, elles étaient soutenues par plus de 200 personnes qui ont manifesté devant la préfecture de Bobigny.
M.L.

Tiken Jah Fakoly en soutien de marque

10 décembre 2008

La star africaine du reggae est venue, mercredi 3 décembre, pour appuyer
la quarantaine de familles du squat dans leur demande d’un logement digne pour toutes et la régularisation d’un quart d’entre elles.

Des rythmes de reggae sont déversés dans la rue Gabriel-Péri depuis le porche au n° 76. C’est la musique du dernier album de Tiken Jah Fakoly, l’artiste ivoirien que s’apprêtent à accueillir les habitants, africains pour la plupart, de ce pâté d’immeubles insalubres. La star qu’ils annonçaient depuis deux semaines comme le soutien de marque à leur mobilisation, arrive bientôt, déclenchant la liesse. Mais l’heure n’est pas vraiment à la fête ce mercredi 3 décembre. Avec la « conférence de presse » convoquée ce jour-là avec leur comité de soutien, les quarante familles occupant le squat espèrent amplifier l’écho à leurs revendications : régularisation des dix familles sans titre de séjour et relogement de tous, soit 150 personnes, dont 44 enfants en majorité atteints de saturnisme, cette intoxication au plomb caractéristique des taudis aux vieilles peintures écaillées.
« Les pouvoirs publics ont failli à leur devoir de protection de l’enfance », dénonce Vassandou Cissé, l’un des délégués. « Un arrêté d’interdiction définitive à l’habitation a été pris par le préfet en 2004 », rappelle Philippe Massimou, l’avocat des familles. Si le relogement prévu en conséquence n’intervient pas « dans les deux mois, nous irons devant le tribunal administratif », assure-t-il, avant de mentionner une saisine de la commission d’indemnisation des victimes d’infractions pour les dommages au moins subis par les enfants.
« Vous menez un combat noble »
Vient enfin le tour de Tiken Jah Fakoly. Éxilé depuis quatre ans entre Mali et France à cause des menaces qui pèsent sur lui en Côte d’Ivoire, l’artiste est adulé en Afrique pour la révolte qui inspire tout son répertoire, contre les dirigeants du continent, le FMI, la Françafrique, etc., ou le sort réservé ici aux immigrés. Engagé auprès des sans-papiers, il dit être « là pour saluer le courage de tous ceux qui luttent pour leurs droits. Vous faites des boulots que les Français ne veulent pas. La France a besoin de vous. Vous menez un combat noble. » Les paroles se succèdent, avec l’adjoint au maire et conseiller général Bally Bagayoko, et les représentants du Réseau solidarité logement, d’Ensemble vivre et travailler, de l’Association des familles victimes du saturnisme… Et plus inattendu, du Cran, Conseil représentatif des associations noires, dont l’une des fonctions est de servir d’« intermédiaire entre la communauté noire et les pouvoirs publics ».
« Il n’y a pas de couleur de peau pour être considéré comme un être humain », enchaîne Layone, l’autre artiste rallié à la cause des familles. « Je serai avec vous jusqu’au bout », insiste le jeune rappeur d’origine camerounaise, qui rappelle sa présence à leur côté, lors de leur rencontre avec le sous-préfet, le 21 novembre. Retenu à l’Assemblée nationale, le député Patrick Braouezec avait fait passer un message de soutien, ainsi que le courrier qu’il avait adressé au préfet sur l’urgence à fournir aux enfants « comme à leur famille, une situation administrative et résidentielle paisible et durable ». « L’État doit prendre ses responsabilités, venait de dire M. Bagayoko. Nous sommes intervenus sur la question de l’accompagnement social et de la santé. Mais on arrive aux limites de l’exercice. Il faut faire converger nos forces. » Aujourd’hui, alors que les relogements promis se résument à un hébergement en hôtel pour trois femmes et leurs enfants, les habitants du 76 sont décidés à maintenir la pression. Ils convient voisins, sympathisants, dont plusieurs personnalités, à des portes ouvertes, le samedi 13 décembre, de 11 h à 14 h.
Marylène Lenfant

Les squatters déterminés à se faire entendre

16 décembre 2008

Après leur « conférence de presse » du 3 décembre avec le reggaeman Tiken Jah Fakoly, les habitants du squat insalubre du 76, rue Gabriel-Péri ne veulent pas retomber dans l’oubli. Pour alerter une nouvelle fois de l’urgence d’un relogement, ils avaient lancé les invitations à des portes ouvertes, le samedi 13 décembre. Parmi les visiteurs tous accueillis chaleureusement – café, beignets… – bon nombre était des militants, du Réseau solidarité logement, toujours à leur côté, de la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, ou encore de la LCR, dont Alain Krivine, le « leader historique », était venu en voisin. Logement, régularisation, « c’est d’abord à l’État de résoudre la situation. On y parviendra si toutes les forces démocratiques se mobilisent », estime-t-il. « Tous travaillent, tous sont insérés dans la ville », souligne le conseiller régional communiste unitaire Jean Brafman, qui s’émeut du sort des enfants, au nombre de 44, dont une majorité atteint de saturnisme. « C’est de la non-assistance à personnes en danger », s’indignent quant eux Emanuela Beretta et Luigi Maj, qui tiennent un commerce dans cette copropriété. Plusieurs élus de la ville étaient aussi rendez-vous, dont Fabienne Soulas, Bally Bagayoko et Francis Langlade. Alors que les habitants et leurs soutiens ont appelé à un rassemblement ce mercredi 17 décembre (à 17 h) devant la sous-préfecture à Bobigny, les 47 chefs de famille ont été convoqués à la gendarmerie de Saint-Denis, du 16 au 22 décembre, dans le cadre de la procédure relative à l’arrêté d’interdiction définitive à l’habitation, pris en 2004 par le préfet.

Le Parisien

12.12.2008

Les squatteurs invitent leurs voisins

LES 40 FAMILLES qui squattent le 76, rue Gabriel-Péri, à Saint-Denis, ont ouvert leurs portes aux habitants afin de faire connaître leurs conditions de vie. Parmi les invités, Alain Krivine, porte-parole de la LCR : « Ces gens travaillent et sont pourtant obligés de vivre là. Il faut construire des logements sociaux de qualité, à faible loyer.

» Une vingtaine d’enfants de squatteurs sont atteints de saturnisme. Trois familles sur les cinq les plus exposées au plomb ont été relogées.

4.12.2008

lp-4-12

Tiken Jah Fakoly en porte-voix des squatteurs

SAINT-DENIS, HIER, 15 HEURES. De retour d’un concert au Luxembourg, il est arrivé dans une petite Ford Ka et s’est frayé un passage à travers la foule venue l’attendre devant l’immeuble insalubre du 76, rue Gabriel-Péri à Saint-Denis. En jean et baskets, ses célèbres dreadlocks ramassées sous un bonnet noir, le chanteur ivoirien de reggae Tiken Jah Fakoly est venu rendre une visite de soutien à la quarantaine de familles qui logent, parfois depuis 2000, dans le squat du centre-ville.

Frappé d’un arrêté de péril depuis 2003, ce lieu n’a jamais été réhabilité alors qu’une vingtaine d’enfants, selon les résidants, y sont atteints de saturnisme, la maladie du plomb. Le comité de soutien demande la régularisation et le relogement des familles touchées. « Vous vivez en France, vous avez des boulots que la plupart des Français refuseraient, ce pays a besoin de vous, votre combat est un combat noble ! » a déclaré le chanteur sous les applaudissements. Depuis 2003, le chanteur, qui souhaite « éveiller les consciences », vit exilé entre le Mali et la France, suite à des menaces de mort en Côte d’Ivoire.

1.12.2008

Tiken Jah Fakoly soutient les squatteurs de Gabriel-Péri

MERCREDI à 14 heures, les quarante familles qui logent dans l’immeuble insalubre du 76, rue Gabriel-Péri organisent un nouveau rassemblement en présence du chanteur ivoirien de reggae Tiken Jah Fakoly et du député (PC) de Seine-Saint-Denis Patrick Braouezec.
Près de 150 personnes vivent, parfois depuis l’an 2000, dans cet immeuble sans eau ni électricité où une vingtaine d’enfants sont atteints de saturnisme, la maladie du plomb.

24.11.2008

lp-24-11

Des travaux contre le saturnisme

DES TRAVAUX d’urgence « palliatifs » pour ravaler les murs des parties communes. C’est ce qu’ont obtenu les habitants du 76, rue Gabriel-Péri à l’issue de leur manifestation de vendredi dernier qui a les menés à la sous-préfecture de Saint-Denis. Depuis l’an 2000, 150 personnes squattent dans un immeuble vétuste contaminé par des peintures au plomb.

Aujourd’hui une vingtaine d’enfants souffrent de saturnisme, une maladie due au plomb qui entraîne retard mental et paralysie.

« Avec ces travaux palliatifs, l’Etat reconnaît implicitement sa responsabilité », analyse Vassindou Cissé, porte-parole des résidants, qui souligne que « les premiers cas remontent à 2004 ». Pour lui, ces travaux sont une demi-mesure. « Aucune date n’est fixée. De plus, d’après la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales), cela réduira le risque sans l’écarter complètement », déplore-t-il. Les habitants réclament toujours une solution globale négociée avec les pouvoirs publics et des logements décents pour tous. Ils envisagent par ailleurs de porter l’affaire en justice pour faire reconnaître le préjudice subi par leurs enfants

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s